Cahiers Blaise Cendrars

CAHIER HORS-SERIE : Christine Le Quellec Cottier et Claude Leroy (dir.), Au coeur du temps – Hommage à Jean-Carlo Flückiger, Paris, Champion, 2014, 216 p., ill.

Sous la direction de Jean-Carlo Flückiger :  Les Cahiers Blaise Cendrars, numéros 1-3-5-7-10-11-12, peuvent être commandés au CEBC : info [at] cebc-cendrars [dot] ch. Les Cahiers Blaise Cendrars, numéros 2-4-6-8-9-10-11-12, peuvent être commandés chez l’éditeur Slatkine-Champion : www.champion.ch

12. Myriam Boucharenc et Christine Le Quellec Cottier (dir.), Aujourd’hui Cendrars, Paris, Honoré Champion, Cahiers Blaise Cendrars n° 12, 2012, 363 p., ill. Télécharger

11. Claude Leroy, Dans l’Atelier de Cendrars, Paris, Honoré Champion, Cahiers Blaise Cendrars n° 11, 2011, 281 p. Prix de l’Essai 2012 de l’Académie française. Télécharger

10. David Martens, L’Invention de Blaise Cendrars. Une poétique de la pseudonymie, Paris, Honoré Champion, Cahiers Blaise Cendrars n° 10, 2010, 295 p., ill. Télécharger

9. Laurence Guyon, Cendrars en énigme – modèles mystiques, écritures poétiques, Paris, Honoré Champion, Cahiers Blaise Cendrars n° 9, 2007, 228 p. Télécharger

8. Christine Le Quellec Cottier, Devenir Cendrars – Les années d’apprentissage, Paris, Honoré Champion, Cahiers Blaise Cendrars n° 8, 2004, 327 p., ill. Télécharger

« Mon jeune passé sportif saura suffire », clame le poète de J’ai tué au moment d’accomplir, l’eustache à la main, ce qu’il appelle le grand bond dans la réalité, scellant ainsi son destin d’écrivain. Mais quel est précisément ce passé ? Quels drames le poussent à renier en bloc ses origines ? Quelles luttes le forcent à placarder son nouveau nom telle une « affiche bleue et rouge montée sur un échafaudage » ? Et en vertu de quelles avancées, de quelles alchimies les « nouveautés » promises et promues de la sorte deviendront-elles de purs chefs-d’œuvre ? 
S’appuyant sur des documents moissonnés dans diverses archives françaises, suisses et allemandes, basée sur l’analyse serrée de textes inédits ou peu connus – Aléa, Moganni Nameh, Le Retour et La Légende de Novgorode –, l’étude suit la métamorphose de Sauser / Cendrart / Cendrars, dans une optique à la fois historique et littéraire. Devenir Cendrars s’agence ainsi en un triptyque où se tissent les liens subtils entre œuvres et individus, langues et vocations, espaces culturels et productions artistiques. 
D’origine suisse, familier, avant guerre, de l’Allemagne presque autant que de la France, le poète jette aux orties son bagage de parfait bilingue et s’engage au premier jour de la mobilisation. Dans un geste analogue de rupture et de raccommodage, la vie de l’auteur d’Aléa est mise au secret dans Moganni Nameh qui sera dépecé à son tour par Moravagine, aboutissement éclatant des « sutures poétiques » inaugurées par l’apprenti écrivain. 
L’entrée en littérature de Blaise Cendrars est restée longtemps occultée. C’est à point nommé que l’enquête menée en profondeur et avec élégance par Christine Le Quellec Cottier vient en révéler la préparation secrète et résolue, mettant en lumière les multiples facettes inconnues, inattendues, tant biographiques que textuelles d’un travail sur soi acharné, impitoyable.

7. Francis Boder, La Phrase poétique de Blaise Cendrars : structures syntaxiques, figures du discours, agencements rythmiques, Paris, Honoré Champion, Cahiers Blaise Cendrars n° 7,  2000, 373 p., ill. Télécharger

Maître de la nuit, maître du chiffre et du secret — tel nous apparaît Blaise Cendrars à travers les lectures récentes de son œuvre. Parmi les regards neufs scrutant l’ambition profonde de sa modernité, il manquait toutefois celui d’une analyse fondée en linguistique de sa syntaxe et de sa rhétorique. L’étude que propose Francis Boder le démontre à l’évidence : le poète que Dos Passos appelait l’ « Homère du Transsibérien » est aussi un grand maître de la phrase.

Sommet de son œuvre, les quatre volumes de « mémoires », L’Homme foudroyé, La Main coupée, Bourlinguer et Le Lotissement du ciel, offrent un champ d’observation privilégié à l’enquête, qui suit pas à pas, de la phrase « crépitement électrique » jusqu’à la période «  orbiculaire », l’invention et le renouvellement permanents des procédés d’expression abolissant les genres pour aboutir à la fusion du réel, de la fiction et du mythe.
Caractère oral du discours cendrarsien, variété de tons, utilisation virtuose des figures, d’un côté ; structures syntaxiques emboîtées et brisées, de l’autre : la phrase de Cendrars oscille entre la recherche de la plus grande proximité avec le lecteur (pôle de « douceur ») et la distanciation (pôle de « violence »). Mais son ambition la plus haute, c’est de représenter, dans l’écriture même, le mouvement, le grouillement de la vie.
Roland Barthes disait que la phrase constitue le véritable espace de liberté offert à l’écrivain. Cendrars y instaure le mouvement perpétuel, « seul travail créateur », selon lui. Au lecteur de découvrir à travers la profusion baroque de détails ou derrière les luxuriantes énumérations proches du chaos originel, la charpente robuste que révèle l’analyse, souvent basée sur le chiffre 5 — celui de la main.

6. Michèle Touret, Blaise Cendrars – Le Désir du roman (1920-1930), Paris, Honoré Champion, Cahiers Blaise Cendrars n° 6, 1999, 405 p. Télécharger

L’Or, Moravagine, Le Plan de l’Aiguille, Les Confessions de Dan Yack, Rhum : de 1925 à 1930, Blaise Cendrars publie cinq romans, coup sur coup. D’autres titres — John Paul Jones ou l’ambition, La Vie et la mort du Soldat inconnu, etc. — sont annoncés par des fragments publiés en revue. Les nombreux projets conservés au Fonds Blaise Cendrars de Berne, enfin, confirment s’il en était besoin l’intense activité romanesque qui caractérise la période.

Mais comment le poète éclatant de La Prose du Transsibérien (1913) s’est-il transformé en homme public menant toutes les aventures à la fois : littérature, édition, cinéma, reportage, sans oublier les voyages ni les marges de la vie politique ?
Le poète étranger, engagé volontaire dès août 1914, est revenu du front amputé, hanté par la violence de la guerre. Les années d’après-guerre sont un temps de rude bilan, pour la vie littéraire comme pour la société tout entière. Cendrars, qui a trente et un ans en 1918, doit passer d’un monde à l’autre, survivre… Mais comment ?
Il devient un romancier inattendu. En changeant de genre, de style, de public, il se lance à la conquête d’une nouvelle vie artistique. Dès lors, son trajet est marqué par la recherche multiforme d’une nouvelle esthétique et d’un nouveau statut de l’écrivain. Au risque d’être entraîné loin — trop loin ? — de ses origines littéraires, du côté de l’éphémère, du reportage… Mais cette traversée de toutes les tentations fut sans doute le prix à payer pour que l’expérience romanesque aboutisse en fin de compte à une écriture absolument nouvelle et personnelle.

 

5. Anna Maibach (éd.), Blaise Cendrars, La Carissima. Genèse et transformation, Paris, Honoré Champion, Cahiers Blaise Cendrars n° 5, 1996, 327 p., ill. Télécharger

Cendrars tient à ce livre comme à la prunelle de ces yeux ; il se prépare longuement à l’écrire, il se documente, il aiguise ses crayons, renouvelle ses carbones et, le 30 septembre 1943, il annonce à Raymone : « Hier matin je me suis mis à La Carissima. Et je continue aujourd’hui, et demain, et ainsi de suite jusqu’à la fin. Ce sera long et très difficile ».

Quel est donc ce livre capital que Cendrars mijote dans sa cuisine d’Aix-en-Provence ?

Ce n’est pas moins que « le plus beau roman d’amour », le roman de Marie-Madeleine, « la seule femme qui ait fait verser des larmes à Notre-Seigneur ». Et ce sera aussi son premier livre à rompre le silence des années tragiques 1940-1943. « En préparation » jusqu’en 1949, La Carissima ne verra pourtant pas le jour.
Or, de cette Carissima il existe des fragments manuscrits : les voici transcrits et publiés pour la première fois. L’étude très fouillée qui met en lumière leur portée n’éclaire pas seulement les causes de leur inachèvement, mais — restant à l’écoute de ce cantique qui accompagne, sous-tend et nourrit en secret L’Homme foudroyé, La Main coupée, Bourlinguer et Le Lotissement du ciel —, fait apparaître ces quatre volumes pour ce qu’ils sont en définitive : un autel dressé par Cendrars à la gloire de la Très-Chère.

4. Claude Leroy et Judith Trachsel (éds), Blaise Cendrars, La Vie et la mort du soldat inconnu. Paris, Honoré Champion, Cahiers Blaise Cendrars n° 4, 1995, 177 p., ill. Télécharger

« Caralina se réveille en sursaut.

– Qu’est-ce que c’est, chéri, qu’est-ce qu’il y a ?
– C’est l’alouette, mon trésor, c’est l’aube. Debout, debout ! Il est temps d’aller rejoindre le seigneur votre époux. C’est le jour !
– Oh, mon petit poilu, moi qui faisais un si beau rêve !
– Quel rêve ?
– Que tu m’écrivais un livre, un livre pour moi !
– Quel livre ?
– L’histoire…, comment te dirais-je, une histoire sainte…, c’était aussi beau qu’une légende…
– Mais qu’était-ce donc ?
– C’était… c’était… tu ne vas pas te fâcher, dis ?
– Non.
– C’était l’histoire du Soldat Inconnu, l’histoire de sa Vie, l’histoire de sa Mort. Dis que tu l’écriras ce livre !
– Non.
– Pourquoi ?
– C’est trop difficile.
– Fais-le pour moi !
– Non.
– Pourquoi ?
– Parce que.
– Parce que quoi ?
– Parce qu’il fait trop bon vivre.
– Ah ! »

3. Jean-Carlo Flückiger (dir.), L’Encrier de Cendrars. Actes du colloque du Centenaire, Berne, Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds, 31 août, 1er et 2 septembre 1987, Boudry-Neuchâtel, Editions de la Baconnière, Cahiers Blaise Cendrars n° 3, 1989, 252 p. Télécharger

Les quatorze communications du colloque nous convient à un voyage révélateur, celui qui s’accomplit dans les livres, à travers l’écriture et la vie de Blaise Cendrars. Si l’on a pu parler de « renaissance » à propos du centenaire célébré en 1987, c’est qu’au-delà de la figure de l’aventurier s’est définitivement imposée celle de l’écrivain. Ecrivain sauvé des légendes et des histoires vraies, au profit d’une œuvre chaleureuse et authentique qui, de toutes ses forces vives, tend vers la création d’un mythe, d’un mythe moderne. Ecrivain exemplaire qui brûle sa vie par les deux bouts pour la transmuer, selon une puissante alchimie, en écriture. Et cette « alchimie » – ce travail sur la lettre, le nom, les nombres et les dates – il est possible d’en décrypter les secrets et le sens. 

2. Jean-Carlo Flückiger (éd.), Blaise Cendrars, L’Eubage, aux antipodes de l’unitéParis, Honoré Champion, Cahiers Blaise Cendrars n° 2, 1995, 356 p., ill. Télécharger

« Comme ce manuscrit vous appartient, j’ai détruit le brouillon et n’en ai gardé aucune copie », écrivit Blaise Cendrars à son mécène Jacques Doucet, pour qui il venait d’achever la relation de son voyage dans « l’hinterland du ciel ». Pourtant ce brouillon existe ; il est conservé au Fonds Blaise Cendrars de Berne. Il constitue la pièce maîtresse de la présente édition critique, qui réunit la totalité des documents concernant L’Eubage. De plus, la légendaire et très importante illustration rassemblée par l’auteur lui-même est ici publiée pour la première fois dans son intégralité.
L’Eubage, aux antipodes de l’Unité est l’un des textes les plus étranges et les plus énigmatiques de toute l’œuvre de Cendrars. Il participe de l’expérience bouleversante que l’écrivain amputé de la main droite vécut durant l’été 1917, à Méréville, et qui lui permit de renaître à l’écriture. On comprend bien que, malgré son affirmation, Cendrars n’en ait pas jeté le brouillon : celui-ci constitue véritablement sa première oeuvre de la main gauche. Une nouvelle écriture s’y élabore, qui trouvera son accomplissement trente ans plus tard dans « La Tour Eiffel sidérale ».
Récit mythique, exploration d’espaces inconnus et recherche hermétique dont la rédaction fut scandée par « le canon qui grondait dans la profondeur de la nuit », L’Eubage doit aussi être lu comme un voyage au cœur de la douleur du monde. 

1. Marius Michaud, Catalogue du Fonds Blaise Cendrars, Bibliothèque nationale suisse, Boudry-Neuchâtel, Editions de la Baconnière, Cahiers Blaise Cendrars n° 1, 1989, 363 p.

Le Catalogue du Fonds Blaise Cendrars est le fruit d’un travail minutieux et de longue haleine. Du volumineux ensemble de manuscrits concernant Moravagine aux pages isolées où Cendrars griffonnait les titres des livres projetés, chaque pièce, identifiée et datée, à droit à une mention. La première section comprend tout ce qui se rapporte aux œuvres publiées (O) ; la seconde rassemble les cahiers de jeunesse, les projets inachevés et les textes inédits (P). Les lettres, cartes et autres pièces jointes aux ouvrages de la bibliothèque de l’écrivain constituent la troisième section (L). L’important lot de Félicie Poznanska forme le noyau de la quatrième section où figurent également les photographies, contrats d’éditeurs et autres documents personnels (D). Quant aux études et hommages, ils sont rassemblés dans la cinquième et dernière section (E). Deux principes ont inspiré le classement : le respect du fonds dans son état primitif, l’ordre chronologique.

Aux chercheurs est ainsi offerte la possibilité de comparer l’œuvre réelle et l’œuvre imaginaire, l’une et l’autre s’éclairant et se complétant étrangement. L’index des titres, où sont recensés tous les titres, est la clé qui donne accès à cette masse de documents en attente.

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